“Civilizations pass. Structures remain. A structural reading of worlds, systems and cycles.”
Ameline Daufresne dépeint les incarnations quasi-chamaniques des esprits animant la forêt en animaux et en arbres, fleurs, champignons et leur protectrice la Diane Arduinna Chasseresse.

« Dieu bellement corné » appartenant au panthéon celte, Deo Ceruninco est ici représenté dans la forme du cerf, dont les bois ont ramifié et se sont couverts de feuilles. Ces bois qui vont tomber en hiver, et pousser à nouveau au printemps ; ces branches qui vont se dénuder puis bourgeonner à nouveau ; en leur coeur abritent des papillons, tous résidents du nord de l’Aisne : Aurore, Callimorphe, Vulcain, Citron,… eux-mêmes incarnent un cycle, une métamorphose, la transformation perpétuelle de la nature et de toute chose dans la vie. La poésie du tableau nous dit : rien n’est immuable, tout est en perpétuel mouvement, en perpétuel changement, chaque chose en amène une nouvelle, et c’est un philosophie positive, pleine d’espoir, pour aller de l’avant.




Tableau de droite avec trois agrandissements: Flora. Dimensions : 142,2 x 44 cm. Technique : Peinture acrylique. Support : Bois. Cette peinture est inspirée de recherches sur la dévotion à la déesse Flora, notamment à Floursies (Avesnois): Sur la fontaine saint Eloi, la sculpture du saint est datée du 7e siècle, mais la fontaine fut construite par les romains au 1er siècle, et dédiée à la déesse Flore. Comment la présence de Flora se manifestait t-elle ? Peut-être donne-t-elle forme à nos fleurs sauvages, aux plantes qui jalonnent les chemins de nos campagne ? Cette créature, femme tentaculaire, se couvre de plusieurs plantes qui peuvent être observées sur notre territoire : Le trèfle, la reine-des-prés, la camomille, le coquelicot, le cerfeuil sauvage, le lamier, l’herbe-àrobert, le rumex, le compagnon, le pissenlit, le plantain, l’orge sauvage… nombreuses sont celles qui sont comestibles et vertueuses, pour qui sait prendre le temps de les observer. Les papillons qui entourent Flora sont aussi visibles en Thiérache : Aurore, Paon du jour, Argus, Vulcain, et, – celui qui annonce l’action imminente de Flora dans nos jardin, – Citron.


En Thiérache, à Neuve-Maison, il y a bien une légende de tablier, mais impliquant la diable: L’Ecourcie du Diable à Neuve-Maison. Un hiver, le diable décide de noyer Neuve-Maison de l’Oise. Il emplit son tablier aux Hurées-Balin qui, depuis, portent son nom. Mais en descendant la prairie la liure du tablier casse. Ne pouvant faire un nœud car cela forme une croix, il doit laisser l’écourcie. L’Ecourcie du Diable et les Hurées-Balin, lieux maudits depuis, n’ont pour végétation que des ronces et ne sont plus habités que par des reptiles. C’est le même motif que la hotte de Gargantua qui se renverse, donnant naissance à une butte, et que certaines saintes, portant des pierres dans leur tablier et en laissant tomber, devenant des menhirs. A Labaroche (Haut-Rhin), on explique ainsi l’habitat dispersé: saint Michel poursuivant le diable dans le ciel, celui-ci laissa tomber de son tablier les maisons qu’il avait capturées. Elles parsèment toujours la grande prairie d’altitude du Canton Vert.

