Legends & Cycles — Under the Megalith

“Civilizations pass. Structures remain. A structural reading of worlds, systems and cycles.”

Café-philo: diversité de parentés, diversité de philosophies ?

Débattu le 11 janvier 2020 à Crépy-en-Valois

(Jean-Marc Bélot, prospectiviste, mythologue)

Un amazonien face à Claude Lévi-Strauss en 1946

Introduction

Comment entrer en matière ? L’idée, c’est qu’on est immergés dans la pensée occidentale, issue des philosophes des Lumières du XVIIIe siècle, et qu’on a fini par se convaincre que c’est la pensée unique, relayée à longueur de journée par les Média.

Mais on peut se regarder autrement, comme une tribu qui découvre qu’il y a d’autres tribus au-delà de sa clairière, qui ont construit d’autres systèmes de pensée. La mondialisation a cet effet qu’il est possible de rencontrer des systèmes de pensée complètement différents Premièrement, par les voyages de vacances en avion vers des pays lointains. Deuxièmement, par les migrants de plus en plus nombreux et de cultures de plus en plus étrangères.

Chacun a constitué son système de pensée de trois couches :

  1. Soi-même. On dit que chacun voit midi à sa porte. L’individu peut-il-faire autrement ? Même guidé par un effort pour découvrir quelque chose de plus universel, il ne peut partir que de ce qu’il connaît. L’erreur est de croire que c’est la vérité unique.
  2. En deuxième couche, chacun est attaché à un héritage culturel : règles de conduite, conventions. Qui est venu aujourd’hui ici avec sa bûche de bois pour le feu comme en Laponie ? Qui a mis ses plus beaux tatouages comme aux Iles Marquises ? L’individu se développe dans un cadre apte à faire survivre l’ensemble : s’habiller tous un peu pareil, dire bonjour en entrant, laisser les fauteuils aux plus âgés, s’offrir une boisson. En Papouasie, les hommes se saluent, non en se serrant la main, mais en se tenant les testicules pour montrer qu’ils n’ont pas de mauvaises intentions.
  3. La troisième couche, la tension la plus extrême, est avec les penseurs qui se disent à visée universelle. Depuis le siècle des Lumières, une « pyramide des idées » nous tombe du haut. Ce système quasi-féodal est allé de pair avec une civilisation centralisatrice, la « tribu occidentale » imposant sa pensée unique. Mais même ses grands penseurs se sont bâtis à partir de leur environnement. Leur réflexion s’est construite vis-à-vis de leur proximité. Ils sont arrivés à un système occidental philosophique d’explication très vaste, mais pas universel.

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Dans les deux situations où c’est flagrant, que vous alliez en vacances dans un pays lointain ou que vous ayez un contact avec un migrant récent, rapidement, vous comprenez que l’échange ne peut pas se faire sur vos seules bases. Il faut repartir de l’être humain et de son immédiate proximité. Et pour cela, nous allons faire appel à deux personnes qui ont rencontré ces situations :

  • Claude Lévi-Strauss, ethnologue des Peuples Premiers, qui explique une société comme un tout cohérent autorégulé, échappant aux explications universalistes.
  • Tobie Nathan, psychologue des banlieues, qui a compris qu’il ne pouvait pas soigner un patient en faisant abstraction des repères que son origine a établis.

L’apport de Claude Lévi-Strauss (1908-2009)

Son ouvrage « Tristes tropiques » est devenu un classique. Ce professeur de philosophie a rompu en 1935 avec les salles de classe pour aller se plonger parmi les peuples premiers du Brésil. Voulant comprendre comment fonctionne une société sans idéologie théorique, il est devenu spécialiste des peuples d’Amérique du Sud et des peuples riverains du Pacifique.

Deux épisodes de sa vie montrent la diversité des représentations :

  • En 1940, ayant fini sa mission au Brésil, il revient demander un poste au ministre de l’Education de Vichy : « Vous n’y pensez pas. Partez pendant que vous le pouvez encore »
  • Alors il part enseigner à New York où on lui dit : « Ici vous serez Claude L. Strauss, sinon les élèves vont continuellement vous associer aux blue jeans Levi-Strauss, très à la mode».

Quelques extraits du livre « Anthropologie structurale » :

  • Les Polynésiens s’étonnèrent que les Français utilisent la fourchette hors des repas rituels.
  • Les amérindiens sud-américains n’ont inventé la paille que pour les boissons magiques.
  • Des tribus de Californie sont dualistes : ne se marient qu’avec l’autre moitié du village.
  • Certaines tribus de Nouvelle-Bretagne furent éberluées qu’on ne tue pas nos vieillards, leur refusant trop longtemps les joies de l’autre-monde.

Voilà son analyse :

1 Tout part de l’individu. La représentation diffère pour chaque membre du groupe. C’est à cet étage « microsociologique » qu’on aperçoit la structure de pensée, tout comme la physique ne se comprend qu’au niveau de l’atome.

2 Les pensées se rejoignent. Il y a des constantes. Cela se remarque par exemple dans l’art, qui est privilégié pour montrer sa pensée :

  • Les masques. Ils représentent la chaîne des ancêtres qui justifie la micro-société. Le porteur de masque incarne son dieu-ancêtre lors de fêtes. Sans ce système unifiant, la micro-société semble disparaître. Mais non : les démographes ont calculé les isolats matrimoniaux en France (qui se marient surtout près de chez eux). Ils sont de 1000 à 2800 personnes y compris dans les grandes villes. Ce sont presque de petites sociétés primitives. Même intégrés dans des ensembles plus vastes (économiques, politiques, intellectuels) pouvant atteindre l’autre bout de la planète, les isolats restent constants.
  • La représentation à plat. Les masques et les tatouages représentent les êtres vivants dédoublés : visages, corps entiers, animaux, avec côté gauche et côté droit montrés à plat. Cela donne davantage de liberté artistique. On retrouve cela en Amazonie, chez les Amérindiens de la côte nord-Pacifique, en Sibérie, en Chine et en Polynésie, sans qu’il y ait eu forcément de contact. En chaque lieu, une personne a « trouvé » comment faire et cela a été adopté. Les Gaïcuru du Brésil attribuent un attrait érotique aux peintures corporelles en lacis, arabesques, hachures asymétriques. L’asymétrie est même poussée en 4, selon un axe horizontal et selon un axe vertical chez les Maori.

3 L’échange. Dans toute société, la communication s’opère au moins à trois niveaux :

  • Communication des messages (système linguistique)
  • Communication des biens et des services (système économique)
  • Communication des femmes (système de parenté)

La diversité des systèmes de parenté est pratiquement illimitée: patrilinéaire ou matrilinéaire, mariages dualistes, systèmes encore plus complexes avec des villages parfois divisés en huit zones avec parfois interdit, parfois obligation de mariage, ou des cas intermédiaires.

Chez les Sherenté du Brésil, l’oncle maternel de la fiancée organise l’enlèvement du fiancé, oblige un beau-frère à remplacer le mari s’il meurt, venge sa nièce en cas de viol. Il joue un rôle de protecteur de sa nièce et de commandeur du mari et de ses frères.

Dans l’aire européenne, l’échange est devenu généralisé. La densité et la fluidité de la population suffisent. La simplicité est permise par la multiplicité d’individus. Le progrès a tenu à l’aptitude à établir des échanges avec d’autres cultures, mais au risque de conduire à l’effacement de la diversité. Cela explique que certaines cultures préfèrent  rester sourdes aux valeurs de l’autre : la diversité plutôt que l’unification.

4 La société de proximité. Elle explique l’univers par la perception intuitive, à partir de visions de personnes du village, qu’on appelle la pensée sauvage. Ces visions sont acceptées ou rejetées pour enrichir l’explication collective. L’essentiel est qu’elles s’articulent sous forme de totalité. C’est l’attitude du groupe de proximité qui détermine l’acceptation ou non de nouveaux éléments. Qu’un dieu ou un animal totem ait réellement créé telle rivière ou tel végétal importe peu. Le vrai sens réside dans la façon d’organiser logiquement le monde.

  • On va prendre un exemple chez les Zunis du Nouveau-Mexique. Un jeune homme est accusé de sorcellerie. Il se défend pour prouver son innocence. Mais ce qu’il dit n’entre pas dans le système symbolique du village. Alors il fournit une confession qui au contraire accrédite ses pouvoirs surnaturels, validant et enrichissant le système du groupe.
  • Autre exemple : un Kwak-iu-tel du Canada voulut enquêter sur les chamans. Ce faisant, il fut perçu par les habitants comme chaman lui aussi et on lui demanda de guérir une personne. Il appliqua une méthode observée et elle fonctionna: le chaman explique le mythe et le patient participe et adhère. La collaboration est parfois collective et la guérison est alors publique. Le chaman est juste un médiateur entre deux états, comme l’oncle Sherenté est médiateur pour le mariage matrilinéaire.

La guérison consiste à rendre pensable la situation en termes affectifs. Que la mythologie du chaman ne corresponde pas à une réalité objective n’a pas d’importance : le malade y croit et est membre d’une société qui y croit. Cela se rapproche des thérapeutiques psychologiques comme la psychanalyse. Cela nous donne une passerelle avec notre second témoin.

L’apport de Tobie Nathan

Juif d’origine italienne né en 1948, expulsé d’Egypte en 1957, son bagage l’a sensibilisé à la diversité des conceptions du monde. Il a mis au point des séances « en famille », où le patient vient s’exprimer selon ses repères et au milieu de personnes de son origine. Il peut ainsi décrire ce qui trouble son univers avec ses mots, selon ses concepts, ce qui ouvre la voie à la compréhension du problème et à des solutions envisageables.

Il prend conscience de l’importance de la croyance collective, enfant, par la fête de Pessa’h, la Pâque juive, qui commémore la sortie d’Egypte. Famille réunie, vaisselle spécifique, chants religieux, haggadah, tout aboutissait à un système collectif. « Mais, Maman, si Dieu nous a fait sortir du pays d’Egypte, pourquoi y habitons-nous ? Et pourquoi y sommes-nous si heureux ? ». Arrivé dans une classe de Gennevilliers, il entend l’instituteur se moquer de cette fête et tous les élèves l’imiter, prenant conscience qu’il y a plusieurs vérités selon le contexte.

Il découvre l’univers des guérisseurs à l’île de la Réunion. Il en consulte un : « Je t’attends depuis longtemps. Entre là-dedans ! » dit-il en désignant une case de branchages. « Tu en sortiras lorsque tu pourras réciter une prière de ton enfance ». Une vingtaine de minutes de transpiration dans la chaleur, et puis il put sortir, s’étant souvenu de sa prière, guéri.

Une guérisseuse créole déclenchait des transes en jetant du sel, en faisant absorber de l’eau par les narines, en brutalisant les esprits réfugiés dans le malade : « Qui es-tu, esprit malbar, esprit tamoul, mort dérangé ? ». Parfois il fallait trois ou quatre gaillards pour maintenir le malheureux, en transe. Un jour, elle proposa à Tobie Nathan : « Eh bien, professeur… Saurez-vous faire sortir la bébête ? Ou bien avez-vous trop peur quand ça bouge ? ».

1985 : Prudence, jeune camerounaise restait dans un état prostré. Au fil des séances, il finit par l’apaiser en posant les mains sur les siennes. Un jour, elle ouvrit les yeux et une grosse voix d’homme sortit « Qui es-tu, toi ? ». Tobie répondit : « C’est à toi de dire qui tu es, toi qui es venu sans être invité ». « Mais je suis son père. Je m’occupe d’elle de là où je suis. Je veux voir mes enfants ». La famille vivait au Cameroun. Deux mois plus tard, tous vinrent assister. A peine le psychologue eut-il posé les mains que la voix tonna ! « Ils sont venus… A la bonne heure ! ». Le père se mit à dévider ses recommandations. L’aîné, Pasteur, devait s’occuper de secondes funérailles où tout le monde viendrait pour installer le mort dans le monde des morts. La marchande de la famille, Amandine, au lieu de cacher son argent sous son lit, devait aider les autres. Et il s’en prit au praticien : « Et toi là, pourquoi écoutes-tu nos histoires de famille, toi qui n’es même pas noir ? ». « Il y a des gens, vois-tu, qui sont blancs dehors et noirs dedans ». Puis la voix partit vraiment. La patiente était guérie.

2000 : Un guérisseur mossi n’avait jamais pensé être guérisseur, c’est son cousin qui était détenteur de « la chose », une forme d’environ 1 m de haut, couverte de plumes. Revenant de France, il trouva son cousin mort et les Anciens interprétèrent sa découverte comme le signe qu’il devait le remplacer. Il prit la fuite, mais rien ne lui réussissait. Il finit par tomber gravement malade et dut faire retour au village. Sa maladie disparut aussitôt. Il n’avait pas appris à être guérisseur. Le fétiche se chargeait de tout. Il devait juste le nourrir en posant une poule vivante à son sommet. Elle en absorbait la substance. Des coquillages, les cauris, lui servaient de monnaie pour pénétrer dans le monde invisible et prédire l’avenir.

Tout le monde n’a pas une pensée occidentale. L’ethnopsychiatrie permet au patient de s’exprimer dans son univers familial et culturel. Cela rompt avec une tradition qui place d’un côté le médecin et de l’autre « tout le reste ». La clinique des migrants a enseigné aux soignants que « les Français », appartiennent tout autant à des groupes traversés par des forces sociales et d’intenses relations avec des non-humains, avec des « choses »

2017 : les jeunes islamistes radicaux. Etre radical, c’est prendre les choses par la racine. Pour Marx c’était l’homme. Pour le croyant, c’est Allah. Les forces à l’œuvre sont, non pas les religions, mais les dieux. La loi de 1905 prenait acte de la faillite des religions à maîtriser leurs dieux. Ce qui s’oppose à la laïcité n’est pas la religion, mais l’incontrôlable violence de la représentation que les personnes se font des dieux et qui les agite. Ces forces exercent de véritables rapts d’âmes. Cela impose d’aller sur le terrain de l’intelligence des forces, de prendre au sérieux le statut de prosélyte d’une divinité qui veut s’emparer des consciences.

La réalité est le déracinement. Pour les personnes déracinées, ni nées dans leur pays d’origine, ni vivant dans leur milieu d’origine, la fragilité est caractérisée par un double déficit :

  • l’appartenance culturelle défaillante, l’absence de continuité culturelle de la famille
  • l’absence même de famille, une filiation flottante, un parent inconnu ou isolé

Les penseurs du djihad ont repéré cette fragilité. Abou Moussab al-Souri, dans Appel à la résistance islamique mondiale, théorise la « capture d’âmes » de jeunes en défaut d’intégration et en révolte, pour des actions de déstabilisation. L’idéologie est prioritaire car c’est tellement facile face à une pensée occidentale qui se croit unique. Les populations sensibles ne sont pas seulement de jeunes déracinés d’origine musulmane, mais des enfants de toutes origines y compris chrétiens, juifs, métis, issus de familles désaffiliées. Ils perçoivent l’appel islamiste comme une invitation personnelle à une réaffiliation.

De fait, on trouve ce type de retour dans la plupart des religions, des re-nés, born again, évangélistes, hébreux du retour qui font téchouva. Une âme errante n’erre pas longtemps. Tous sont à l’affût de ce qui se présentera un jour, mandataire d’une force, d’un « dieu » qui viendra lui déclarer : « ton âme m’intéresse ».

Un jeune d’une famille tchèque déracinée tenta de résoudre son problème d’affiliation dans un groupe d’acrobaties urbaines et d’escalades d’immeubles. Il ne put pas suivre longtemps. Alors ce fut un groupe fonctionnant au cannabis, ce qui conduisit à sa prise en charge psychiatrique. Son déclassement de personne hors du commun à celui d’assisté fit qu’il entama une conversion à l’islam radical, fasciné par ce nouvel élitisme. Le déficit d’appartenance se conjugue avec le besoin d’une pensée plus élevée.

L’initiation traditionnelle affiliait vigoureusement le jeune par des rites, comportant une frayeur ou une violence physique, qui renforçaient son appartenance. La plongée dans l’eau du baptême à trois reprises symbolisait une mort et une résurrection à une nature purifiée. A lire les Evangiles, Jésus était avant tout un guérisseur, rendant la vue aux aveugles, la marche aux paralytiques, débarrassant les égarés de démons. Le malade, guéri par sa foi, déclenche la foi d’autres de son entourage. On revient aux guérisseurs de Claude Lévi-Strauss. La boucle étant bouclée, venons-en à la question ?

La question

Les penseurs à vocation universelle, depuis la Grèce ancienne et surtout depuis le siècle des Lumières, véhiculent une « philosophie globale ». Or elle ne pénètre que dans une certaine proportion. Même les plus accessibles des philosophes modernes comme Michel Onfray ou Luc Ferry incluent une forte dose de leur cadre de proximité.

Edgar Morin lui-même a défini sa façon de penser comme « co-construite » à partir de la collaboration entre le monde extérieur et son esprit.

L’être humain fonctionne surtout par interprétation individuelle à partir de son cadre de proximité. Les média, les contacts montrent que cette « philosophie locale » semble l’emporter actuellement.

Alors la philosophie est-elle globale, locale, glocale ?

Qui veut « s’extraire de sa tribu » pour démarrer le débat ?

Pour relancer le débat :

  • Avez-vous conscience de faire partie d’une tribu de pensée, d’un isolat de pensée ?

Blaise Pascal :

  • « Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au delà »
  • Le monde « est une sphère dont le centre est partout, la circonférence nulle part. »
  • Ne pouvant fortifier la justice on a justifié la force…”  

Rémy de Gourmont: “La vérité triomphe toujours, puisque c’est la vérité du vainqueur.”

Virginia Woolf : “Je préfère, quand la vérité est importante, l’écrire sous forme de fiction”

Marie de Gournay : “Et si les hommes se vantent, que Jesus-Christ soit né de leur sexe, on répond (…) Judith (qui repoussa les Assyriens) mérite place en ce lieu. Comme aussi le semble estre celuy de la Pucelle d’Orleans (…). Car vu les exemples, l’égalité des grâces et faveurs de Dieu vers les deux espèces ou sexes est prouvée.”

Montaigne :

  • La coutume tient lieu de vérité (…) parce qu’il est impossible de trouver une seule règle qui soit acceptée par tous les hommes dans l’espace et dans le temps. Montaigne est conduit à l’interrogation oratoire accusatrice : « Quelle vérité que ces montagnes bornent, qui est mensonge au monde qui se tient au delà ? »
  • « Des cannibales » narre la rencontre à Rouen de trois indigènes du Brésil. Montaigne s’informe sur leurs façons de vivre et émet l’hypothèse que ce sont peut-être eux les civilisés et nous les sauvages, ce qui le conduit à la formule » Chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage ».

Edgar Morin a défini sa pensée comme co-construite par la collaboration entre le monde et son esprit.

  • “Connaître l’humain, c’est d’abord le situer dans l’univers, non l’en retrancher.”
  • “Le sujet humain est égocentrique, dans le sens où il s’autoaffirme en se mettant au centre de son monde. Mais, dans son “je”, il inclut un “toi” et un “nous”.
  • “Enseigner la compréhension entre les humains est la condition et le garant de la solidarité intellectuelle et morale de l’humanité.”
  • “La tolérance comporte une souffrance à supporter l’expression d’idées, selon nous, néfastes, et une volonté d’assumer cette souffrance.”
  • “Si nous savons comprendre avant de condamner, nous serons sur la voie de l’humanisation des relations humaines.”
  • “La culture, c’est ce qui relie les savoirs et les féconde.”
  • “C’est la surprise, l’étonnement qui nous oblige à évoluer.”
  • “La connaissance est une navigation dans un océan d’incertitudes à travers des archipels de certitudes.”

Michel Onfray :

  • “L’universel n’existe pas, il n’existe que du particulier.”
  • “L’individu est, au sens étymologique, ce qui ne se morcelle pas ou plus quand on a tout morcelé.”
  • “La philosophie ne tombe pas du ciel des idées, elle monte de la terre,
  • La civilisation a étouffé le naturel en nous : découvrir la simplicité, savoir en quoi consiste une vie naturelle, une alimentation saine ne sont pas choses évidentes.
  • La philosophie est art de vivre, ou elle ne mérite pas une heure de peine.
  • La lucidité s’acquiert ainsi: ne pas se contenter de l’apparence, bien souvent trompeuse, récuser les évidences transmises de génération en génération pour préférer le travail philosophique, écarter les opinions, opter pour l’investigation.
  • La négativité de Mai 68, l’est dans la mesure où l’oeuvre reste à accomplir et n’a pas été terminée.

Luc Ferry :

  • C’est seulement au milieu des autres qu’un homme est un homme. Isolé, déraciné, séparé de son monde, il n’est plus rien.
  • Il n’y a pas de «métalangage», de discours supérieur au nom duquel il serait possible de décider du sens de la valeur du monde où nous sommes plongés.
  • La liberté de pensée est absolue ou elle n’est rien.
  • C’est dans l’homme, dans sa raison et dans sa liberté qui constituent sa dignité, qu’il faut fonder les principes du respect de l’autre, non dans une divinité.
  • (Le) principe des principes constitutifs de l’humanisme moderne: celui du rejet des arguments d’autorité.
  • Pour les stoïciens ce qui était bon, c’était ce qui était conforme à l’ordre cosmique. L’essentiel était de parvenir dans la pratique à s’accorder à l’harmonie du monde afin d’y trouver la juste place qui revenait à chacun dans le Tout.
  • Il est des moments où nous ne sommes pas là pour transformer le monde, mais tout simplement pour l’aimer.

About Jean-Marc BELOT

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Reading the present through long-term structures, cycles, and enduring patterns.

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